En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, le prix minimum bord champ est maintenu à 1 200 FCFA le kilogramme, soit environ 2,07 dollars, pour la campagne principale ouverte le 1er septembre.Le Ghana, deuxième producteur mondial, a lancé sa nouvelle campagne le 25 septembre. Les deux pays représentent ensemble une part prépondérante de l’offre mondiale de cacao et leurs décisions tarifaires sont suivies de près par les marchés.
Au Ghana, le prix payé aux producteurs est établi en fonction de la valeur FOB du cacao, c’est-à-dire de son prix au port d’exportation, avant prise en compte du fret et de l’assurance. Une loi adoptée en 2026 garantit désormais aux planteurs au moins 70% de cette valeur.
Pour la campagne 2026/2027, le Ghana Cocoa Board, organisme public chargé de la filière, a retenu une part de 71,18% de la valeur FOB, aboutissant à un prix de 42 400 cedis la tonne.
En Côte d’Ivoire, le dispositif repose sur le prix CAF de référence, qui inclut le coût du transport et de l’assurance jusqu’au port de destination. Le prix minimum garanti doit normalement représenter au moins 60% de ce prix de référence, avec un plancher fixé à 50% en cas de recul des cours internationaux.
Les autorités ivoiriennes ont justifié le maintien du prix à 1 200 FCFA par kilogramme par la baisse des cours mondiaux et la nécessité de préserver l’équilibre financier de la filière, alors qu’une partie de la récolte avait déjà été vendue à l’avance. Le gouvernement ivoirien a officiellement annoncé ce niveau au début de septembre.
Ce différentiel de rémunération pourrait alimenter les circuits informels de cacao entre les deux pays, où les écarts de prix ont déjà, par le passé, favorisé des mouvements transfrontaliers de fèves.
Le niveau plus élevé proposé au Ghana est susceptible d’accroître l’intérêt de certains producteurs ou acheteurs ivoiriens pour le marché ghanéen, au risque de réduire les volumes collectés dans les circuits officiels en Côte d’Ivoire.
Le phénomène dépendra toutefois de l’évolution des cours internationaux, de la disponibilité des fèves, des conditions d’achat dans les deux pays et de l’intensité des contrôles le long de la frontière.
Les autorités ghanéennes et ivoiriennes misent aussi sur la traçabilité pour limiter les détournements. Le Ghana affirme avoir déployé un système national dans ses zones de production, tandis que la Côte d’Ivoire a rendu obligatoire, depuis le 1er septembre, l’utilisation de son système national de traçabilité et de la carte de producteur.
Le précédent de la campagne 2025/2026 illustre la fragilité du système ghanéen face aux variations du marché. Le prix avait d’abord été fixé à 51 660 cedis la tonne, puis relevé à 58 000 cedis avant d’être ramené à 41 392 cedis en février 2026, sur fond de recul des cours mondiaux.
La nouvelle garantie légale de 70% de la valeur FOB devrait améliorer la part reversée aux producteurs ghanéens. Elle devra néanmoins démontrer sa capacité à résister à une forte volatilité des prix internationaux, sans déséquilibrer les acheteurs et les finances de la filière.
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