- Publié le Jeu 28 Mai 2026
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Le gouvernement togolais a engagé une réforme du corps des agents des eaux et forêts pour renforcer la surveillance, la protection et la gestion durable des ressources naturelles. Le projet de décret, examiné en première lecture au Conseil des ministres du 26 mai 2026, répond aux pressions croissantes du changement climatique et de la dégradation des terres.
Face à l’aggravation des risques environnementaux : déforestation, érosion des sols, braconnage et
exploitation illicite des ressources ,Lomé veut moderniser l’appareil chargé de
la protection des forêts et des espaces hydriques. Le communiqué officiel
diffusé après le Conseil des ministres précise que la réforme vise à «
améliorer l’efficacité opérationnelle, le maillage territorial ainsi que les
capacités de surveillance et d’intervention » du corps des eaux et forêts.
Concrètement, le
projet de décret prévoit plusieurs axes d’intervention : repositionner les
missions des agents autour de la gestion durable des ressources forestières,
renforcer la protection des aires protégées, intensifier les campagnes de
reboisement et instituer des dispositifs plus robustes de contrôle et de
sensibilisation des populations. L’objectif affiché est double : mieux prévenir
les atteintes à l’environnement et accroître la résilience des territoires face
aux chocs climatiques.
Cette initiative
s’inscrit dans la continuité des réformes et instruments adoptés par le Togo
ces dernières années. En avril 2025, le Parlement a voté une loi cadre sur la
lutte contre les changements climatiques destinée à consolider le cadre
juridique national. Le pays a par ailleurs révisé son Plan national
d’adaptation, qui cible notamment les secteurs de l’agriculture, de l’eau, des
forêts et de la santé, afin de mieux protéger les populations vulnérables.
Le besoin de
financements demeure cependant une contrainte majeure. D’après des estimations
de la Banque mondiale citées par les autorités, près de 14 milliards de dollars
seront nécessaires d’ici 2050 pour couvrir les besoins d’adaptation climatiques
du pays. Dans ce contexte, la réforme du corps des eaux et forêts doit
s’accompagner d’un appui financier durable et de partenariats techniques pour
produire des résultats tangibles sur le terrain.
Les observateurs
appellent à une mise en œuvre pragmatique et inclusive. Réussir la réforme
nécessitera non seulement des moyens matériels et humains : équipements de
surveillance, formation, déploiement territorial , mais aussi une coopération
renforcée avec les collectivités locales, les communautés riveraines et la
société civile. Sans coordination et ressources adaptées, avertissent certains
experts, le risque est que des mesures structurelles restent lettre morte.
Le texte relatif à la réforme fera l’objet d’un nouvel examen lors d’une
prochaine séance du Conseil des ministres avant sa transmission aux instances
compétentes pour adoption définitive. Les prochains mois devront éclairer les
contours opérationnels du dispositif : modalités de recrutement et de
formation, statut des agents, périmètre d’intervention, et sources de
financement.
En lançant ce chantier, le Togo reconnaît l’urgence d’adapter ses instruments
de gouvernance environnementale à l’ère du changement climatique. L’enjeu est
désormais de transformer des intentions en dispositifs opérationnels et
financés, capables de protéger durablement forêts, cours d’eau et moyens de
subsistance des populations.
TEHOUA DABONG