Le ministre précise que la délivrance des autorisations spéciales d’exportation de ces produits est également suspendue. Tout contrevenant s’expose, ajoute-t-il, à des sanctions prévues par la réglementation en vigueur.
Cette nouvelle interdiction intervient après celle décidée en 2022, levée en juillet 2026. Depuis cette levée, des opérateurs économiques dénoncent une sortie massive de farine vers les pays voisins, où les prix sont jugés plus attractifs. Ce phénomène aurait contribué, selon eux, à des pénuries et à une flambée des prix sur le marché national.
Le gouvernement justifie donc sa décision par la nécessité d’assurer « la disponibilité régulière » des farines de céréales et de leurs dérivés, dans un contexte de pression sur le pouvoir d’achat des ménages.
Dirigé par une junte arrivée au pouvoir lors du coup d’État de septembre 2022, le Burkina Faso a fait du souverainisme économique et de l’autosuffisance alimentaire des priorités affichées. Les autorités estiment que la production céréalière a atteint 7,15 millions de tonnes en 2025, soit 126% des besoins nationaux, même si le pays a bénéficié ces dernières années de dons de céréales, notamment russes.
La mesure s’inscrit dans une série de restrictions commerciales adoptées ces dernières années. Depuis novembre 2023, l’exportation de plusieurs produits, dont le niébé, le riz, le maïs, le sorgho et la tomate fraîche, est déjà interdite. En mai 2026, le régime a également suspendu l’exportation de bétail afin de préserver l’approvisionnement du marché intérieur. Depuis 2024, les exportations d’amandes de karité dont le Burkina Faso est le deuxième exportateur mondial sont, elles aussi, interdites, dans l’objectif affiché de favoriser la transformation locale.
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