L’information a été communiquée lundi par le préfet de la région de l’Indénié-Djuablin, préfet du département d’Abengourou, Kouadio Kouassi Eugène. Il s’exprimait au cours de la cérémonie de salut aux couleurs organisée dans l’enceinte de la préfecture.
D’après les explications du commandant Ouattara, chef de l’opération et membre du Groupement mobile d’intervention, les agents ont pris en chasse trois camions chargés de cacao dans la localité d’Ebilassokro. Les faits se sont produits dans la nuit du dimanche 4 octobre, entre 2 heures et 3 heures, alors que les véhicules tentaient d’atteindre le Ghana par la frontière de Kati.
Les forces engagées avaient installé plusieurs barrages pour empêcher le passage des camions. Malgré ce dispositif, l’un des véhicules a réussi à franchir la frontière et se trouve désormais en territoire ghanéen. Le deuxième camion, impliqué dans un accident, a terminé sa course dans une zone franche, tandis que le troisième est resté du côté ivoirien. Les conducteurs et leurs apprentis ont abandonné les véhicules avant de prendre la fuite.
Le camion ayant pénétré au Ghana et provoqué des dégâts matériels y est toujours immobilisé. Des discussions sont en cours entre les autorités ivoiriennes et ghanéennes pour permettre son rapatriement en Côte d’Ivoire.
En raison de l’état du deuxième véhicule, les agents ont fait appel à un autre camion pour transférer la cargaison d’une vingtaine de tonnes qu’il transportait. Les deux véhicules ont ensuite été escortés jusqu’à la préfecture d’Abengourou, où le cacao a été placé sous contrôle.
Le préfet Kouadio Kouassi Eugène a rappelé l’interdiction formelle faite par le gouvernement de faire sortir illicitement les produits agricoles destinés à l’exportation. Il a appelé à une application stricte du principe de tolérance zéro contre les réseaux impliqués dans la fuite du cacao et du café vers les pays voisins.
Selon lui, cette saisie doit servir d’avertissement à l’ensemble des acteurs de la filière, notamment les producteurs, les coopératives, les opérateurs économiques, les administrations et les agents chargés de veiller au respect de la réglementation.
L’autorité préfectorale a rejeté toute justification fondée sur les différences de prix du cacao entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. Elle a rappelé que chaque pays dispose de ses propres priorités et exigences en matière de développement. Toute personne qui participera à une tentative de sortie frauduleuse de produits agricoles sera donc exposée à des sanctions sévères.
Le préfet a également rendu hommage aux forces mobilisées pour cette intervention. Il a annoncé que les agents ayant pris part à la saisie bénéficieraient d’une récompense, en reconnaissance de leur engagement et des risques encourus sur le terrain.
La cargaison saisie devrait être vendue dans le respect des procédures en vigueur. Les revenus issus de cette opération seront répartis entre l’État et les forces ayant participé à l’interception, a précisé le préfet en présence du délégué régional du Conseil du café-cacao, Yaya Gangouté.
La justice doit, pour sa part, poursuivre la procédure engagée contre les camions. À l’issue du traitement judiciaire du dossier, les véhicules pourraient être vendus. Cette éventualité vise à renforcer l’effet dissuasif des mesures prises contre la contrebande dans la région de l’Indénié-Djuablin.
L’interception a été réalisée dans le cadre de l’opération « Verrou 322 », lancée en octobre 2024. Ce dispositif réunit la Police, la Gendarmerie, les Forces armées, les services des Douanes et les Eaux et Forêts. Il a pour objectif de lutter contre la contrebande et le transport illicite de produits agricoles, dont le cacao, le café, l’anacarde et le coton, vers les pays frontaliers.
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