Selon le ministre, depuis le début des exportations de brut en avril 2024, plus de 3 000 milliards de FCFA — soit environ 5 milliards de dollars ou 4,57 milliards d’euros — n’auraient pas été rapatriés dans le système bancaire nigérien par la CNPC. Niamey estime que cette situation a privé le Trésor public d’environ 17,4 milliards de FCFA et les banques locales d’importantes capacités de financement.
Le gouvernement souligne également que le Niger affiche un taux de rapatriement des recettes d’exportation de 6%, l’un des plus faibles de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), alors que la moyenne dépasse 70% dans les autres États de l’organisation.
Le comité de négociation a notifié aux trois sociétés des demandes précises, assorties d’un délai de 45 jours. Au-delà du rapatriement des recettes, Niamey exige la transmission d’états rectifiés, la mise en œuvre du mécanisme proposé par la BCEAO, ainsi que des mesures sur la nigérianisation des emplois, les recrutements, les audits des ressources humaines et la certification indépendante des réserves pétrolières.
À l’expiration de ce délai, le ministre a averti que l’État « tirera toutes les conséquences » du respect ou du non-respect de ces exigences, sans préciser immédiatement les sanctions envisagées.
Cette mise en demeure intervient environ cinq mois après la signature, en mai 2026, d’un protocole de partenariat pétrolier entre Niamey et la CNPCNP, destiné notamment à relancer la coopération énergétique et à clarifier le rapatriement des revenus d’exportation.
Le différend illustre la volonté des autorités nigériennes de renforcer leur contrôle sur les ressources naturelles et d’assurer que les recettes générées par le pétrole brut bénéficient directement à l’économie nationale. Il intervient toutefois dans un contexte sensible, la Chine restant un partenaire majeur du secteur pétrolier nigérien à travers la CNPC, WAPCO et la raffinerie de Zinder.
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