Placée sous le thème « Renforcer l’accès au financement des sociétés coopératives de cacao : défis, innovations et perspectives », la rencontre a rassemblé des représentants des coopératives, des banques et institutions de microfinance, des exportateurs, des autorités publiques ainsi que des partenaires techniques. À l’issue des échanges, les participants ont adopté une feuille de route commune et convenu de la création d’un comité de suivi chargé d’en assurer la mise en œuvre.
Pour l’IDH, le problème n’est pas l’absence de solutions, mais leur dispersion. Stéphanie Kadio, directrice pays de l’organisation, a estimé que des mécanismes innovants ont déjà démontré leur efficacité, sans toutefois être suffisamment structurés ni généralisés.
Elle a décrit les coopératives comme « la colonne vertébrale de la filière cacao », tout en soulignant qu’elles ne pourront pleinement jouer ce rôle que si elles disposent de ressources financières adaptées à leur cycle d’activité. Selon elle, aucune partie prenante ne peut, isolément, lever les obstacles qui limitent l’accès au crédit : banques, coopératives, acheteurs, État et Conseil du Café-Cacao doivent avancer ensemble.
« Notre ambition pour cette journée, c’est d’impulser le passage des initiatives pilotes aux solutions à l’échelle », a déclaré Mme Kadio, avant d’assurer que l’IDH accompagnera dans la durée le groupe de travail issu de l’atelier. Cette démarche s’inscrit dans la continuité du programme Cocoaperation, lancé avec le CCC pour rapprocher les producteurs et leurs organisations des institutions financières et des acteurs de la chaîne de valeur.
Représentant le Conseil du Café-Cacao, Josiane Fléan Assandé, directrice chargée du Développement agricole, a invité les participants à passer au crible les dispositifs déjà disponibles. Le crédit-bail, le financement des intrants, les mécanismes de garantie et les partenariats entre coopératives, acheteurs et banques figurent parmi les pistes à explorer.
Pour lui , il ne s’agit pas seulement de recenser des instruments, mais de comprendre pourquoi certains fonctionnent et dans quelles conditions ils peuvent être étendus. Elle a également rappelé que les coopératives ne forment pas un bloc homogène. Leurs besoins, leur gouvernance, leur taille et leur niveau de développement diffèrent, ce qui exige des offres de financement différenciées.
La représentante du CCC a formulé trois attentes : un dialogue franc nourri par les réalités du terrain, des propositions concrètes pour financer à la fois la commercialisation et les investissements de performance, puis une feuille de route précisant les priorités, les responsabilités et les échéances.
La feuille de route adoptée devra donc servir de boussole opérationnelle. Elle prévoit des actions prioritaires pour améliorer l’accès des coopératives aux financements, renforcer leurs capacités à mobiliser des ressources et consolider la collaboration entre les acteurs financiers et la filière.
Le comité de suivi annoncé devra veiller à ce que les engagements ne restent pas lettre morte. L’enjeu dépasse désormais le simple débat technique : il s’agit de donner aux coopératives les moyens de financer leurs campagnes, d’investir dans leurs outils et de soutenir durablement les revenus des producteurs.
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