Des peaux d’éléphant, de crocodile et de python. Des carapaces de tortues. Des caméléons, des hérissons, des perroquets, des hiboux et plusieurs autres spécimens vivants ou naturalisés. Autant de produits saisis par les agents du service Faune de la BSSI.
L’intervention fait suite à des renseignements faisant état de la détention et de la commercialisation illicites de spécimens d’espèces fauniques protégées. Sur place, les agents ont interpellé trois personnes présentées comme des revendeurs présumés.
Le premier suspect, de nationalité nigérienne, détenait notamment 26 touracos, 182 grammes de peau d’éléphant, 624 grammes de carapace de tortue de mer, ainsi que 140 carapaces de tortues. Les agents ont également découvert des peaux de crocodile et de python, deux pythons de Seba, deux pythons royaux, 56 caméléons et 54 hérissons. La saisie comprend aussi des dépouilles de chacal, de varan et de civette.
Le deuxième interpellé, de nationalité nigériane, était en possession de deux peaux de crocodile, 78 carapaces de tortues et 45 grammes de peau d’éléphant. Les agents ont également saisi des têtes de calao, des hiboux, des coucals du Sénégal, des céphalophes, des peaux de gazelle et de singe, ainsi que des dépouilles de vipère, de cobra, de mangouste et de chacal. Vingt-sept caméléons et onze hérissons figuraient également parmi les produits découverts.
Le troisième suspect, également de nationalité nigérienne, détenait un perroquet gris du Gabon, 31 carapaces de tortues, une tête de crocodile, des peaux de python de Seba, 44 caméléons, 29 hérissons, ainsi que plusieurs peaux et dépouilles d’animaux sauvages.
Au total, sept sacs contenant ces produits ont été saisis. Une quantité importante qui témoigne, selon les agents, de l’ampleur du réseau présumé de commercialisation des produits issus de la faune sauvage.
Pour l’adjudant-chef Tebao Ange Dimitri, chef du service Faune de la BSSI, cette opération illustre l’ampleur du trafic et la détermination des forces de l’ordre à y faire face.
Informés des faits, le Procureur du Pôle pénal économique et financier a été saisi. Les trois individus ont été placés en garde à vue dans le cadre de la procédure judiciaire. L’enquête se poursuit afin d’établir les responsabilités et de remonter d’éventuelles filières.
En Côte d’Ivoire, la détention, le transport et la commercialisation des espèces fauniques protégées sont strictement encadrés par la loi. La loi n° 2024-364 du 11 juin 2024 portant gestion de la faune fixe notamment les règles de protection des espèces sauvages et de leurs habitats, tandis que la loi n° 2024-366 du même jour encadre le commerce des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.
Par cette opération, la BSSI réaffirme sa détermination à lutter contre le trafic d’espèces fauniques et à préserver le patrimoine faunique national.
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