Jacques Assahoré Konan n’est pas un inconnu de la chose publique. Né le 8 juillet 1961 à Sinfra, diplômé de l’École nationale d’administration (ENA), il a gravi les échelons du Trésor public avant de devenir Directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique. Élu député de Diabo-Languibonou en 2021, puis Président du Conseil régional du Gbêkê, il a été ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique avant d’être nommé, le 23 janvier 2026, à la tête du ministère des Eaux et Forêts.
Homme de dialogue, il privilégie l’écoute et la transparence avec les syndicats, tout en imposant une gestion rigoureuse des carrières et l’intégrité des concours. Mais c’est surtout par sa parole, à la fois traditionnelle et prophétique, qu’il marque les esprits : il parle comme un fils de la terre, investi par ses ancêtres et guidé par sa foi.
Sous les précédentes gouvernances, l’orpaillage illégal s’était transformé en véritable plaie nationale. Les sols étaient éventrés, les forêts ravagées, les cours d’eau pollués au mercure, ce poison silencieux qui contamine les populations et détruit les écosystèmes. Les communautés rurales, prises entre la précarité et la prédation, vivaient dans la résignation.
Le ministère des Eaux et Forêts, malgré les textes, peinait à endiguer le phénomène. Les sanctions existaient, mais leur application restait timide. Le pays, fatigué, attendait un sursaut.
Dès sa prise de fonction, Jacques Assahoré Konan a fait de la lutte contre l’orpaillage illégal sa priorité absolue. À Bouaké, il a fixé un cap : six mois pour agir, surveiller, intervenir et restaurer. Six mois de présence sur le terrain, six mois de renseignement, six mois de surveillance.
Il a appelé les populations à dénoncer les orpailleurs clandestins, transformant chaque citoyen en gardien de la forêt et de l’eau. Sous son impulsion, les sanctions ont été alourdies : jusqu’à vingt ans d’emprisonnement pour les commanditaires, les receleurs, les financiers et les propriétaires de sites complices, surtout lorsqu’un agent public est impliqué.
Ce qui frappe chez Assahoré, c’est sa capacité à parler fort, juste et vrai. Il ne se contente pas de donner des instructions : il mobilise, il rassemble, il élève. Il rappelle que l’Afrique de l’Ouest compte 28 bassins hydrographiques partagés, couvrant 71% de sa superficie, et que l’eau doit devenir un levier de paix et de développement.
À la SODEFOR, pour les 60 ans de l’institution, il a appelé à une « nouvelle ère forestière », faite de performance, de transparence et de résultats. Partout, il insiste sur le dialogue social, la confiance et la responsabilité.
Dans un pays où la terre est sacrée et l’eau vitale, Jacques Assahoré Konan apparaît comme un sauveur. Il vient avec la bénédiction de ses ancêtres et la force du croyant. Il parle comme un homme de tradition, mais agit comme un modernisateur.
Là où d’autres ont échoué, il trace un chemin. Là où régnait le désespoir, il apporte l’espoir. Et si la tâche est immense, sa parole, elle, est claire : six mois pour changer le cours des choses.
Le pays, fatigué, le regarde. Les forêts, les rivières, les terres, les herbes, tout semble attendre son verdict. Et Assahoré, debout, parle.
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