Le calendrier du SIETTA 2026 a été réaménagé. Initialement annoncé du 12 au 14 novembre, le salon se déroulera finalement du 26 au 28 novembre au Palais de la Culture, dans la commune de Treichville. Ces nouvelles dates sont également affichées sur le site de l’événement.
Placée sous le thème « La transformation de l’anacarde : au-delà de l’amande », cette cinquième édition, portée par le Conseil Coton-Anacarde-Karité (CCAK), réunira notamment producteurs, coopératives, industriels, équipementiers, investisseurs et institutions publiques. L’objectif affiché est d’accompagner la transformation locale et de favoriser les partenariats entre les différents maillons de la chaîne de valeur.
Le programme annoncé prévoit des conférences, des ateliers techniques, des panels sectoriels et des rencontres d’affaires entre entreprises. Les échanges doivent notamment permettre de rapprocher les transformateurs des fournisseurs de technologies, des investisseurs et des acheteurs internationaux. Quatre espaces d’exposition sont présentés : équipements, produits dérivés, services et institutions.
Cette édition intervient dans un contexte d’accélération de l’industrialisation de la filière ivoirienne. Selon les chiffres communiqués par le Premier ministre Robert Beugré Mambé à l’ouverture des Journées du producteur de l’anacarde, du coton et du karité, le 6 février 2026 à Yamoussoukro, la production nationale a dépassé 1,5 million de tonnes de noix de cajou en 2025, contre 450 000 tonnes en 2012. Les recettes d’exportation de la filière ont, selon la même source, franchi la barre des 1 000 milliards de FCFA en 2025.
La transformation locale a également progressé. D’après ces données gouvernementales, plus de 660 000 tonnes de noix ont été transformées en Côte d’Ivoire en 2025, soit un taux supérieur à 42%, contre environ 2% en 2011. Le bilan fait par ailleurs état de plus de 37 usines installées et de près de 20 000 emplois directs, dont environ 66% occupés par des femmes.
Ces résultats donnent une dimension économique et sociale aux discussions attendues au SIETTA. Au-delà de l’augmentation des volumes transformés, le thème retenu met l’accent sur l’exploitation d’autres ressources issues de l’anacarde, notamment les coques, afin de développer des débouchés industriels complémentaires à ceux de l’amande.
Un projet annoncé en septembre 2026 illustre cette orientation. Le 11 septembre, le CCAK, le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) et l’entreprise indienne Essar Biofuels (India) Limited ont signé un mémorandum d’entente destiné à accompagner un investissement dans la valorisation des coques de noix de cajou. Selon le CEPICI, l’investissement envisagé représente environ 75 millions de dollars, soit près de 45 milliards de FCFA.
Le projet prévoit notamment la production de cardanol à partir du liquide extrait des coques, désigné par le sigle CNSL et également appelé baume de cajou. Il s’agit ainsi de développer une activité industrielle à partir d’un sous-produit de la transformation de la noix, avec l’ambition de créer davantage de valeur ajoutée et de nouveaux débouchés en Côte d’Ivoire.
À ce stade, l’accord signé constitue un cadre de collaboration pour accompagner la concrétisation du projet, et non l’annonce d’une usine déjà opérationnelle. Le CEPICI doit notamment faciliter les démarches administratives et les relations avec les acteurs locaux, tandis que le CCAK apportera son expertise sur l’accès à la matière première et la valorisation des coques.
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