Produire davantage de riz, en moins de temps, tout en répondant aux attentes des consommateurs : c’est l’objectif des travaux menés au Burkina Faso avec l’appui de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Cette coopération, soutenue notamment par l’initiative Atoms4Food, a abouti à l’homologation de huit variétés parmi onze lignées avancées de riz mutant.
Dans une publication datée du 15 octobre 2026, l’AIEA détaille les caractéristiques de ces nouvelles semences. Leur potentiel de rendement se situe entre 9 et 11 tonnes à l’hectare, pour une maturité atteinte en 95 à 106 jours. Les variétés déjà présentes au catalogue national affichent généralement des rendements de 4 à 6 tonnes à l’hectare et nécessitent des cycles de culture plus longs.
Pour obtenir ces résultats, les chercheurs ont eu recours à une technique utilisant les rayonnements afin de provoquer des variations génétiques chez les plantes. Les plants présentant les caractères recherchés sont ensuite sélectionnés et évalués. Cette démarche permet notamment de travailler sur la précocité, la productivité et les propriétés des grains.
L’amélioration des rendements n’a toutefois pas été le seul critère retenu. Les travaux ont également intégré les usages alimentaires et les préférences des consommateurs. Les variétés homologuées comprennent ainsi deux variétés à gros grains, deux riches en amidon résistant et une variété de riz gluant.
Pour Imaël Henri Nestor Bassolé, de l’Université Joseph-Ki-Zerbo, l’intérêt de cette coopération dépasse le nombre de variétés obtenues. Il réside aussi dans le renforcement des compétences scientifiques nationales, qui doit permettre de poursuivre la création de cultures adaptées aux contraintes de production et aux besoins des populations.
L’accompagnement de l’AIEA a porté sur les différentes étapes du programme, depuis la sélection par mutation en laboratoire jusqu’au suivi des lignées prometteuses lors des essais au champ. La collaboration avec la FAO a également soutenu les démarches d’inscription au catalogue et l’installation de parcelles de démonstration à Bama et à Banzon.
L’homologation acquise, le travail se poursuit pour accroître les volumes de semences disponibles et faciliter leur accès aux producteurs. Les champs de démonstration servent parallèlement à apprécier le comportement des nouvelles variétés dans les conditions locales de culture.
L’enjeu est important pour un pays où, selon l’AIEA, la consommation de riz a doublé en dix ans, tandis qu’environ la moitié des quantités consommées reste importée. Le renforcement de la production locale constitue donc un levier de sécurité alimentaire.
Dongxin Feng, directeur du Centre conjoint FAO/AIEA des techniques nucléaires dans l’alimentation et l’agriculture, voit dans les résultats burkinabè une illustration de l’apport des technologies nucléaires à l’agriculture. Il souligne également le rôle d’Atoms4Food dans l’accompagnement des pays et la consolidation de leurs capacités de recherche.
Le Burkina Faso avait accueilli, en mai 2025, la première mission conjointe d’évaluation menée au titre de cette initiative. Celle-ci avait permis de définir les priorités de la coopération à poursuivre dans le pays.
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