Les images satellitaires devraient désormais permettre aux autorités ivoiriennes de détecter plus rapidement les atteintes à l’environnement et d’accélérer les interventions sur le terrain. Le gouvernement veut ainsi passer d’une gestion essentiellement réactive à une gouvernance fondée sur l’anticipation et la preuve
La lutte contre l’exploitation minière illégale constitue l’une des principales priorités. Selon les données communiquées par le ministère chargé des Mines, 1 665 sites clandestins ont été détruits et 343 personnes déférées. Pour les autorités, ces résultats illustrent à la fois l’engagement de l’État et l’ampleur du phénomène.
Le recours à l’imagerie satellitaire doit permettre de repérer les nouveaux sites d’exploitation, de confirmer les alertes par des missions de terrain et de faciliter les interventions coordonnées. La chaîne d’action envisagée comprend également la poursuite des responsables et la restauration des espaces dégradés.
Le remblayage non autorisé des lagunes constitue une autre source d’inquiétude. Les autorités rappellent que les plans d’eau lagunaires représentent un patrimoine écologique, économique et culturel qui ne peut être considéré comme une simple réserve foncière.
D’après des données présentées en mars 2026 par la Direction générale des Affaires maritimes, 453,1 hectares auraient déjà été remblayés sur les 56 000 hectares du plan d’eau lagunaire. Parmi ces superficies, 69,5 hectares seraient considérés comme irréguliers. Ces emprises peuvent perturber les écoulements, détruire des habitats naturels et accentuer les risques d’inondation.
La Côte d’Ivoire souhaite donc mettre en place un cadastre environnemental dynamique des berges. Ce dispositif devrait faciliter le suivi du trait de rive, l’identification des nouvelles emprises et le déclenchement rapide des opérations de contrôle.
La déforestation figure également parmi les urgences évoquées. Selon les chiffres officiels cités lors de la rencontre, le couvert forestier ivoirien serait passé d’environ 16 millions d’hectares en 1960 à près de 3 millions d’hectares aujourd’hui. Le pays aurait ainsi perdu près de 80% de son patrimoine forestier.
Au-delà du suivi des superficies disparues, les autorités veulent désormais mesurer la fragmentation des massifs forestiers et la rupture des corridors écologiques. La surveillance devrait combiner les images satellitaires, les drones, les systèmes d’alerte précoce et les patrouilles ciblées.
L’objectif affiché est de porter le couvert forestier national à au moins 20% du territoire d’ici à 2030. Cette ambition nécessitera, selon le gouvernement, des données transparentes, actualisées et comparables afin de suivre les progrès réalisés.
La dégradation des forêts pourrait également fragiliser l’agriculture, notamment la filière cacao, exposée à la hausse des températures, à l’irrégularité des pluies, à l’érosion et au stress hydrique.
À travers cette stratégie, la Côte d’Ivoire veut faire du spatial un véritable service public au bénéfice de l’environnement. Détecter plus tôt, vérifier sur le terrain, intervenir rapidement et mesurer les résultats : telle est la nouvelle approche défendue par les autorités à l’African Space Expo 2026.
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